L'Emergence en Concrétisation:Le Gabon passe de ‘’BB – à ‘’BB’’ Selon l'Agence de Notation Ficth

Publié le par pdgchine.over-blog.org

 

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Libreville – Deux facteurs profitent à l’économie gabonaise : d’une part la montée en flèche des prix du pétrole, dont l’augmentation – 39,4% en 2011 – a largement compensé la stagnation de la production, et d’autre part les importants investissements réalisés dans le secteur public, annonce l’Agence Reuters. Le PIB par habitant, qui était de 10 500 US $ en 2011, est bien supérieur à celui enregistré par des pays équivalents également notés « BB ». Etant donné les prix élevés du pétrole et les dépenses d’investissement, la croissance réelle du PIB, estimée à 6,7% en 2011, devrait rester à un niveau comparable en 2012.

L’incertitude demeure concernant l’avenir de la production de pétrole. En l’absence d’une découverte majeure, elle va se remettre à baisser au cours des deux ou trois prochaines années. Les revenus pétroliers ont représenté 59,8% des recettes fiscales de l’État et 87,3% des exportations en 2011. Les excédents fiscaux ont touché le fond, à 1,8% du PIB en 2010 en raison d’importantes augmentations des dépenses en immobilisations, avant de revenir à 3,4% du PIB en 2011, grâce à des recettes pétrolières plus élevées. Plus rapide que prévue, la montée des prix du pétrole en 2012 va faire augmenter les excédents fiscaux, qui devraient avoisiner 6% du PIB.

Les excédents fiscaux et ceux de la balance commerciale ont permis au pays de réduire sa dette tout en augmentant les investissements en infrastructures. La dette publique et externe a tendance à baisser rapidement. À 20,4% du PIB, la dette publique générale est bien inférieure à celles de pays de même calibre et elle devrait diminuer encore dans les années qui viennent. La dette externe ne représentait que 25% des recettes externes actuelles en 2011 et en 2012, le Gabon devrait devenir créancier externe net. Les actifs internationaux ont chuté en 2011 en raison d’importantes fuites de capitaux non identifiées, mais la croissance a repris en cours d’année.

Le Gabon subit des réformes en profondeur, entamées en 2010 par le gouvernement du Président Ali Bongo Ondimba, arrivé au pouvoir en 2009. L’objectif de la nouvelle stratégie économique est de réduire la dépendance au pétrole et de préparer le pays à l’après-pétrole. Actuellement, le gouvernement accélère la diversification de l’économie pour se tourner vers les productions manufacturières et investit massivement dans les infrastructures, en parallèle avec la création de zones franches industrielles pour l’exportation. L’ambitieux programme d’investissement public lancé en 2010 avait pour objectif d’éliminer les goulots d’étranglement qui pèsent sur les infrastructures gabonaises, en particulier dans l’énergie et les transports. La capacité d’absorption du pays s’est avérée plus importante que prévu, et les dépenses d’immobilisations sont passées à 10,4% du PIB en 2011, chiffre à comparer aux 4,6% de 2008. Elles devraient baisser en 2012 et revenir à leur niveau historique dans trois à quatre ans. Le gouvernement cherche également des solutions pour améliorer un climat peu favorable aux affaires et réduire la corruption, mais cela va prendre du temps.

Les réformes devraient aider à améliorer la gouvernance. Même si la corruption reste un problème et que les donateurs continuent à exiger des efforts de transparence, il y a d’ores et déjà de nets signes d’amélioration. Les élections législatives de décembre 2011 ont été dominées par le parti du président, le Parti démocratiques gabonais (PDG), qui a obtenu 114 des 120 sièges de l’Assemblée nationale. La mise en place de nouveaux dirigeants dans l’administration et les mesures visant à améliorer la gouvernance publique et attirer des investisseurs étrangers démontrent la volonté de réforme du pays.

Le principal risque pourrait venir d’une baisse des prix du pétrole et de la raréfaction des réserves. Les finances externes du Gabon ont mieux résisté au choc pétrolier de 2009 que les producteurs angolais, qui ont eu besoin d’un programme du FMI, et que le Nigeria, qui a la même note que le Gabon et qui a souffert d’une grave raréfaction de ses réserves et d’une crise bancaire. Dans un proche avenir, Fitch prévoit une stagnation de la production de pétrole, qui sera largement compensée par la montée des prix. Sur le long terme, à moins qu’un gisement important ne soit découvert, le déclin de la production va s’accélérer, rendant l’effort de diversification encore plus urgent.

Les efforts du gouvernement pour diversifier l’économie afin de la rendre moins dépendante au pétrole et améliorer la gouvernance publique de même que le climat des affaires pourraient avoir un impact positif sur la notation. La poursuite de l’amélioration des résultats fiscaux et une nouvelle réduction de la dette publique et externe pourraient également déclencher une révision de la notation à la hausse.

Cette annonce d’attribution de la note « BB- » au Gabon par l’agence de notation internationale Fitch est la preuve de la bonne marche de la politique Gabon Emergent mise en place par le Président Ali Bongo Ondimba, depuis son arrivée au pouvoir en 2009.

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