La Mort d'Oussama Ben Laden et les Enjeux pour la Chine, Rédigé par le Camarade Padoue EBOULA EYEBE
Toujours à la quête du Savoir, le Camarade Padoue EBOULA EYEBE, le Sécrétaire Chargé aux Elections, se soumet, en tant qu'Analyste de la Politique Diplomatique Chinoise, à une esquisse sur les probables conséquences que la mort de Ben LADEN aurait dans la Communauté séparatiste Chinoise des Uyghurs, localisée dans la Province autonome du Xinjiang. Il fait appelle à un sens élévé d'introspection personnelle sur les fléaux que constituent le terrorisme, le séparatisme et l'extrémisme. Le Bureau Fédéral vous recommende alors de lire cette analyse:
La Mort d’Oussama Ben Laden et les Enjeux pour la Chine
Mots clés: Ben Laden, Chine, Xinjiang, enjeux, Afganistan, Pakistan, Russie, Etats Unis, coopération internationale.
La mort de Ben Laden est “une étape importante, et un développement positif en faveur des efforts de la lutte contre le terrorisme international”. C’est ainsi qu’a été percue la disparition d’Oussama Ben Laden (OBL) par les plus hautes autorités de la République Populaire de Chine, annonce faite par la voix de la porte parole du ministère chinois des Affaires Etrangères, Jiang Yu, après l’annonce du président américain Barack Obama dans la nuit du 1er au 2 mai.
L’intervention de Madame Jiang Yu cadre parfaitement avec la politque anti-terroriste mise en place au lendemain des attentats du 11 septembre 2001 et le soutien manifesté par les autorités de Pékin pour faire face au groupuscule séparatiste ouighouir luttant pour l’indépendance de la province autonome chinoise du Xinjiang, frontalière sur sa face ouest avec l’Afganistan et le Pakistan. Ces deux pays sont les principaux terrains où les troupes américaines et celle de l’OTAN luttent sans discontinuer depuis plus d’une décennie contre le régime en fuite des Talibans, la traque d’Oussama Ben Laden et où les forces spéciales américaines (Navy Seals) ont reussies à mettre fin aux jours du chef de la nébuleuse Al-Qaida, qui avait trouvé refuge dans la ville garnison d’Abbottabad à une cinquante de kilomèteres de Islamabad depuis plusieurs années (5 ans au moins), comme l’a révelé aux services de sécurité pakistanais Amal Ahmed Abdoulfattah,l’une des épouses de Ben Laden.
Si la mort de l’ennemi public numéro 1 des Etats Unis a été célébrée à travers le monde et vivement saluée par la Chine,il est intéressant de savoir quelle influence avait Ben Laden sur la sécurité de la Chine? Au delà des enjeux de sécurité interieures, quelles sont les enjeux extérieurs qui découlent de la mort de Ben Laden et les relations entre la Chine et ses voisins en matière de lutte contre le terrorisme et les autres fléaux?
Le Xinjiang et ses enjeux
La province autonome du Xinjiang, encore appelée Turkestan oriental est avec le Tibet et la Mongolie intérieure l’une des provinces qui bénéficie d’un statut particulier en Chine. Située à l’ouest de la République Populaire de Chine, cetteprovince a une superficie avoisinnant les 1 646 800 km². Sa population est de 20 millions d’habitants, ce qui avec sa superficie fait d’elle la plus vaste entité administrative du pays. Cette population est composée principalement de turcophones dont la réligion est musulmane sunnite (61,7% en 1990) de rite hanafite.
On y rencontre également des Tadjiks persanophones qui sont pour leur part des chiites, mais aussi les Han, ethnie majoritaire en Chine et dont la population dans la province s’élève sensiblement à 7,49 millions d’âmes (40,61%).
Province riche en ressources naturelles, le Xinjiang est la seconde région productrice d’or noir du pays avec 27,4 millions de tonnes de brut par an, un million de tonnes de plus qu’en 2007.Elle contribue ainsi a 14% dans la production domestique chinoise. Le Xinjiang a un apport à hauteur de 24,1 milliards de mètre cube annuel en gaz naturel. Elle concentre également 40% des reserves de charbon dont elle est la première productrice de la République Populaire de Chine. Ces ressources sont exploitées principalement par des compagnies chinoises telle que Sinopec, premier raffineur d’Asie pour le petrol et Pétrochina, numéro un chinois de l’énergie, pour le gaz naturel. La province regorgerait également d’uranium selon des géologues qui estiment le gisement découvert dans le bassin de Yili à 10.000 tonnes.
La province autonome du Xinjiang partage une large bande frontalière avec plusieurs pays dont: la Mongolie, la Fédération de Russie, le Kazakhstan, le Kirghistan le Tadjikistan,l’Afganistan, le Cachemire, et l’Inde.
Ceci nous situe sur les enjeux géostratégiques de la Chine pour la preservation de la stabilité de cette région qui fait face à la montée séparatiste des indépendantistes ouighours qui comme nous le verront plus loin semble avoir des contacts poussés avec le réseau d’Oussama Ben Laden. La destabilisation de cette région serait une plaie dans le développement du pays qui a besoin de ressources naturelles en grande quantité pour l’essor de son économie et assurer la consummation domestique de son milliard d’habitants.
La menace terroriste
La principale ménace pour la stabilté dans la riche et stratégique province chinoise du Xinjiang est, selon plusieurs spécialites des questions sécuritaires, le Mouvement Islamique du Turkestan Oriental (MITO), en anglais East Turkestan Islamic Movement. Bien qu’il existe des doutes sur son implantion et le nombre de ses combattants dans la province (les avis divergent entre experts occidentaux, ONG et le pouvoir central chinois), il représente néanmoins le principal danger selon les autorités centrales chinoises pour la sécurité.
Fondée et dirigée par Ha san Mahsum tué par l’armée pakistanaise lors de l’attaque d’un camps d’entrainement d’Al Qaida au Pakistan, l’organisation est essentiellement composée d’islamistes ouighours combattant pour la séparation du Turkestan oriental de la République Populaire de Chine, et la création d’un Etat islamique.
Le groupe s’est manifesté en 2008 avec la préparation d’actes terroristes visant les Jeux Olympiques de Pékin. En effet, le 9 mars 2008, la police chinoise a arrêté 15 militants et en a tué 2 à Ouroumqi (capitale du Xinjiang) qui avaient pour cible les sites devant accueillir les Jeux Olympiques. Cinq policiers ont été blesses lors de ces arrestaions.
De nombreux observateurs mettent les accusations des autorités chinoises sur le compte de l’obssession repressive en exagérant sur la menace que constitue ce groupe sur la sécurité du territoire. Pourtant, un rapport chinois affirme que Hasan Mahsum aurait obtenu un finacement de l’organisation terroriste d’Oussama Ben Laden après la rencontre des deux hommes en 1999. D’autre part, il est prouvé que des combattants ouighours de la province ont reçu une formation dans les divers camps d’entrainements d’Al Qaida en Afganistan avant les attentats du 11 septembre 2001 et que certains d’entre eux ont été capturés en Afganistan où ils combattaient contre les forces américaines durant l’opération Enduring Freedom, d’après le Département d’état américain. Faits prisonniers, ils ont été détenus à la prison de Guantanamo bay.
La mort d’Oussama Ben Laden vient mettre un frein temporaire aux activités à grande echelle du MITO, en cela que sa principale source de financement a été amputée de son chef. Temporaire dans la mesure où, si OBL constituait un apport financier important, sa mort va certainement entrainer une radicalisation du combat après la désignation du successeur de ce dernier qui aura dans un premier temps à coeur de venger la mort du chef du réseau. Cela permet cependant aux sécurocrates chinois d’affiner leurs stratégies en matière de lutte anti terroriste et d’ouvrir de nouvelles perspectives de coopération sur ce dossier avec les pays frontaliers comme le Pakistan et la Russie qui elle aussi a connu des attentats sanglants causés par des indépendantistes du Causase Nord affiliés à Al Qaida.
Les enjeux exterieurs
Séparatisme,terrosime et extrémisme
La postion géographique de la Chine la met dans une situation de partage des risques dus aux fléaux du séparatisme, du terrorisme et de l’extrémisme.
Le mouvement de Ben Laden a suscité l’engouement et sa philosophie de la terreur a fait naître ou donner une dimension nouvelle à des groupes qui menacent la sécurité des pays voisins du géant asiatique en prônant le Jihad. En Russie, les séparatistes tchétchénes du Caucase Nord, également soutenu par Al Qaida, et dont le représantant, un militant saoudien, a été tué en avril dernier dans la République musulmane du Caucase russe est au l’auteur des attentats successifs commis sur le sol russe. En effet, les rebelles tchétchènes ont revendiqué l’attentat de l’aéroport Domodedovo de Moscou dont le bilan s’élèvait à 36 morts le 24 janvier de cet année.
Cet attentat répond à la même logique que celle prônée par les séparatistes ouighours du Xinjiang: fonder un Etat islamique libre dans le Nord Caucase, mais aussi de donner une “réponse aux crimes de la Russie”, selon Doukou Oumarov, alias Abou Oussman, chef du groupe L’Emirat du Caucase. Ce dernier avait également revendiqué les attentats tout aussi meurtriers dans le métro de Moscou en mars 2010.
Comme on peut le voir, Oussama Ben Laden est de près ou de loin lié aux tentatives de destabilisation des pays asiatiques et d’Asie centrale dans une certaine mesure. Si les actes terroristes du MITO n’ont pas produit jusqu’à présent en Chine les effets dévastateurs pour le moral des chinois comme cela a été le cas en Russie, on peut néanmoins comprendre que l’influence idéologique d’Oussama Ben Laden et sa nébuleuse sont à l’origine de l’accroissement des risques pour la sécurité intérieure de plusieurs pays.
L’enjeu ici est de faire émerger une solidarité transfrontalière afin de juguler les tentatives de destablisation des différents groupes islamistes en Asie centrale et occidentale.
Pour une coopération renforcée
Pour lutter de manière efficace et plus active contre le terrorisme, le séparatism et l’extrémisme mettant en danger les intérêtes nationaux et transnationaux, la Chine, la Russie et les pays d’Asie centrale, regroupés au sein de l’Organisation de Coopéation de Shanghai ont déclaré la guerre ce qu’ils ont désigné comme les «les trois forces du mal»: le terrorisme, le séparatism et l’extrésme en signant le 15 juin 2001 de Shanghai contre ces fléaux.
Ici se situe donc les véritables enjeux exterieurs pour la Chine après la mort de Ben Laden. L’affirmation ou la réaffirmation d’un front commun contre le terrorisme, car cette guerre lancée par l’administration Bush après le 11 septembre 2001 ne saurait se gagner en ne comptant que sur ses propres forces. Il s’agit d’une guerre internationale, où les services de renseignements, les actions politiques et militaires, les polices nationales et internationales et autres forces de sécurité doivent agir de concert en échangeant des renseignements et autres données sur la pieuvre que constitue le réseau Al Qaida.
En définitive, compte tenu de l’ampleur que prend le terrorisme à l’échelle du globe, il parait nécessaire pour la Chine d’intensifier sa lutte contre les fléaux qui menacent son essor économique. Pou rappel, le président chinois Hu Jintao, lors de son intervention à la 12e conférence des dirigeants économiques du Forum de coopération Asie-Pacifique (APEC) déclarait que la lutte contre le terrorisme est devenu un problème mondial qui met à l’épreuve la sagesse, le courage et la volonté de l’Humanité. Il a en outre estimé, et cela à juste titre que dans le combat contre les menaces des groupes terroristes transnationaux, les actions individuelles des pays s’avèrent inefficaces et que la coopération internationale est nécessaire.
Cela met ainsi en exergue la volonté chinoise de ne laisser aucun répit aux groupes qui ont des velléitées séparatistes et se laissent tenter par les réseaux terroristes qui mettent ainsi à mal l’unité de la Chine dans son ensemble. Ben Laden, figure de proue du terrorisme international aura donc eu sur la Chine et sa politique tant intérieure qu’extérieure une influence sans précédant.
La Chine est dans une phase de développement qui n’est qu’à ses débuts, aussi elle ne saurait se laisser contraindre à une sécession qui ne serait qu’un désastre pour son rayonnement économique. Cependant, la disparition du chef d’Al Qaida accroit les risques d’une résurgence des attentats terroristes car les mouvements affiliés et les principaux adjoints du chef terroriste ont déjà menacé de venger sa mort. Dans ce contexte, il serait intéressant de voir les mesures que prendront les autorités centrales du Parti communiste chinois en faveur de la sécurisation du territoire et au dela, de se prémunir des risques d’ingérence aux fins destablisatrices des Etats unis.
Padoue F. EBOULA EYEBE
Etudiant en master de Politique internationale
Secrétaire fédéral chargé des élections, de l’action sociale, de la communication
et la propagande de la Fédération PDG en Chine.
La mort d’Oussama Ben Laden et les enjeux pour la Chine.
Mots clés: Ben Laden, Chine, Xinjiang, enjeux, Afganistan, Pakistan, Russie, Etats Unis, coopération internationale.
La mort de Ben Laden est “une étape importante, et un développement positif en faveur des efforts de la lutte contre le terrorisme international”. C’est ainsi qu’a été percue la disparition d’Oussama Ben Laden (OBL) par les plus hautes autorités de la République Populaire de Chine, annonce faite par la voix de la porte parole du ministère chinois des Affaires Etrangères, Jiang Yu, après l’annonce du président américain Barack Obama dans la nuit du 1er au 2 mai.
L’intervention de Madame Jiang Yu cadre parfaitement avec la politque anti-terroriste mise en place au lendemain des attentats du 11 septembre 2001 et le soutien manifesté par les autorités de Pékin pour faire face au groupuscule séparatiste ouighouir luttant pour l’indépendance de la province autonome chinoise du Xinjiang, frontalière sur sa face ouest avec l’Afganistan et le Pakistan. Ces deux pays sont les principaux terrains où les troupes américaines et celle de l’OTAN luttent sans discontinuer depuis plus d’une décennie contre le régime en fuite des Talibans, la traque d’Oussama Ben Laden et où les forces spéciales américaines (Navy Seals) ont reussies à mettre fin aux jours du chef de la nébuleuse Al-Qaida, qui avait trouvé refuge dans la ville garnison d’Abbottabad à une cinquante de kilomèteres de Islamabad depuis plusieurs années (5 ans au moins), comme l’a révelé aux services de sécurité pakistanais Amal Ahmed Abdoulfattah,l’une des épouses de Ben Laden.
Si la mort de l’ennemi public numéro 1 des Etats Unis a été célébrée à travers le monde et vivement saluée par la Chine,il est intéressant de savoir quelle influence avait Ben Laden sur la sécurité de la Chine? Au delà des enjeux de sécurité interieures, quelles sont les enjeux extérieurs qui découlent de la mort de Ben Laden et les relations entre la Chine et ses voisins en matière de lutte contre le terrorisme et les autres fléaux?
Le Xinjiang et ses enjeux
La province autonome du Xinjiang, encore appelée Turkestan oriental est avec le Tibet et la Mongolie intérieure l’une des provinces qui bénéficie d’un statut particulier en Chine. Située à l’ouest de la République Populaire de Chine, cetteprovince a une superficie avoisinnant les 1 646 800 km². Sa population est de 20 millions d’habitants, ce qui avec sa superficie fait d’elle la plus vaste entité administrative du pays. Cette population est composée principalement de turcophones dont la réligion est musulmane sunnite (61,7% en 1990) de rite hanafite.
On y rencontre également des Tadjiks persanophones qui sont pour leur part des chiites, mais aussi les Han, ethnie majoritaire en Chine et dont la population dans la province s’élève sensiblement à 7,49 millions d’âmes (40,61%).
Province riche en ressources naturelles, le Xinjiang est la seconde région productrice d’or noir du pays avec 27,4 millions de tonnes de brut par an, un million de tonnes de plus qu’en 2007.Elle contribue ainsi a 14% dans la production domestique chinoise. Le Xinjiang a un apport à hauteur de 24,1 milliards de mètre cube annuel en gaz naturel. Elle concentre également 40% des reserves de charbon dont elle est la première productrice de la République Populaire de Chine. Ces ressources sont exploitées principalement par des compagnies chinoises telle que Sinopec, premier raffineur d’Asie pour le petrol et Pétrochina, numéro un chinois de l’énergie, pour le gaz naturel. La province regorgerait également d’uranium selon des géologues qui estiment le gisement découvert dans le bassin de Yili à 10.000 tonnes.
La province autonome du Xinjiang partage une large bande frontalière avec plusieurs pays dont: la Mongolie, la Fédération de Russie, le Kazakhstan, le Kirghistan le Tadjikistan,l’Afganistan, le Cachemire, et l’Inde.
Ceci nous situe sur les enjeux géostratégiques de la Chine pour la preservation de la stabilité de cette région qui fait face à la montée séparatiste des indépendantistes ouighours qui comme nous le verront plus loin semble avoir des contacts poussés avec le réseau d’Oussama Ben Laden. La destabilisation de cette région serait une plaie dans le développement du pays qui a besoin de ressources naturelles en grande quantité pour l’essor de son économie et assurer la consummation domestique de son milliard d’habitants.
La menace terroriste
La principale ménace pour la stabilté dans la riche et stratégique province chinoise du Xinjiang est, selon plusieurs spécialites des questions sécuritaires, le Mouvement Islamique du Turkestan Oriental (MITO), en anglais East Turkestan Islamic Movement. Bien qu’il existe des doutes sur son implantion et le nombre de ses combattants dans la province (les avis divergent entre experts occidentaux, ONG et le pouvoir central chinois), il représente néanmoins le principal danger selon les autorités centrales chinoises pour la sécurité.
Fondée et dirigée par Ha san Mahsum tué par l’armée pakistanaise lors de l’attaque d’un camps d’entrainement d’Al Qaida au Pakistan, l’organisation est essentiellement composée d’islamistes ouighours combattant pour la séparation du Turkestan oriental de la République Populaire de Chine, et la création d’un Etat islamique.
Le groupe s’est manifesté en 2008 avec la préparation d’actes terroristes visant les Jeux Olympiques de Pékin. En effet, le 9 mars 2008, la police chinoise a arrêté 15 militants et en a tué 2 à Ouroumqi (capitale du Xinjiang) qui avaient pour cible les sites devant accueillir les Jeux Olympiques. Cinq policiers ont été blesses lors de ces arrestaions.
De nombreux observateurs mettent les accusations des autorités chinoises sur le compte de l’obssession repressive en exagérant sur la menace que constitue ce groupe sur la sécurité du territoire. Pourtant, un rapport chinois affirme que Hasan Mahsum aurait obtenu un finacement de l’organisation terroriste d’Oussama Ben Laden après la rencontre des deux hommes en 1999. D’autre part, il est prouvé que des combattants ouighours de la province ont reçu une formation dans les divers camps d’entrainements d’Al Qaida en Afganistan avant les attentats du 11 septembre 2001 et que certains d’entre eux ont été capturés en Afganistan où ils combattaient contre les forces américaines durant l’opération Enduring Freedom, d’après le Département d’état américain. Faits prisonniers, ils ont été détenus à la prison de Guantanamo bay.
La mort d’Oussama Ben Laden vient mettre un frein temporaire aux activités à grande echelle du MITO, en cela que sa principale source de financement a été amputée de son chef. Temporaire dans la mesure où, si OBL constituait un apport financier important, sa mort va certainement entrainer une radicalisation du combat après la désignation du successeur de ce dernier qui aura dans un premier temps à coeur de venger la mort du chef du réseau. Cela permet cependant aux sécurocrates chinois d’affiner leurs stratégies en matière de lutte anti terroriste et d’ouvrir de nouvelles perspectives de coopération sur ce dossier avec les pays frontaliers comme le Pakistan et la Russie qui elle aussi a connu des attentats sanglants causés par des indépendantistes du Causase Nord affiliés à Al Qaida.
Les enjeux exterieurs
Séparatisme,terrosime et extrémisme
La postion géographique de la Chine la met dans une situation de partage des risques dus aux fléaux du séparatisme, du terrorisme et de l’extrémisme.
Le mouvement de Ben Laden a suscité l’engouement et sa philosophie de la terreur a fait naître ou donner une dimension nouvelle à des groupes qui menacent la sécurité des pays voisins du géant asiatique en prônant le Jihad. En Russie, les séparatistes tchétchénes du Caucase Nord, également soutenu par Al Qaida, et dont le représantant, un militant saoudien, a été tué en avril dernier dans la République musulmane du Caucase russe est au l’auteur des attentats successifs commis sur le sol russe. En effet, les rebelles tchétchènes ont revendiqué l’attentat de l’aéroport Domodedovo de Moscou dont le bilan s’élèvait à 36 morts le 24 janvier de cet année.
Cet attentat répond à la même logique que celle prônée par les séparatistes ouighours du Xinjiang: fonder un Etat islamique libre dans le Nord Caucase, mais aussi de donner une “réponse aux crimes de la Russie”, selon Doukou Oumarov, alias Abou Oussman, chef du groupe L’Emirat du Caucase. Ce dernier avait également revendiqué les attentats tout aussi meurtriers dans le métro de Moscou en mars 2010.
Comme on peut le voir, Oussama Ben Laden est de près ou de loin lié aux tentatives de destabilisation des pays asiatiques et d’Asie centrale dans une certaine mesure. Si les actes terroristes du MITO n’ont pas produit jusqu’à présent en Chine les effets dévastateurs pour le moral des chinois comme cela a été le cas en Russie, on peut néanmoins comprendre que l’influence idéologique d’Oussama Ben Laden et sa nébuleuse sont à l’origine de l’accroissement des risques pour la sécurité intérieure de plusieurs pays.
L’enjeu ici est de faire émerger une solidarité transfrontalière afin de juguler les tentatives de destablisation des différents groupes islamistes en Asie centrale et occidentale.
Pour une coopération renforcée
Pour lutter de manière efficace et plus active contre le terrorisme, le séparatism et l’extrémisme mettant en danger les intérêtes nationaux et transnationaux, la Chine, la Russie et les pays d’Asie centrale, regroupés au sein de l’Organisation de Coopéation de Shanghai ont déclaré la guerre ce qu’ils ont désigné comme les «les trois forces du mal»: le terrorisme, le séparatism et l’extrésme en signant le 15 juin 2001 de Shanghai contre ces fléaux.
Ici se situe donc les véritables enjeux exterieurs pour la Chine après la mort de Ben Laden. L’affirmation ou la réaffirmation d’un front commun contre le terrorisme, car cette guerre lancée par l’administration Bush après le 11 septembre 2001 ne saurait se gagner en ne comptant que sur ses propres forces. Il s’agit d’une guerre internationale, où les services de renseignements, les actions politiques et militaires, les polices nationales et internationales et autres forces de sécurité doivent agir de concert en échangeant des renseignements et autres données sur la pieuvre que constitue le réseau Al Qaida.
En définitive, compte tenu de l’ampleur que prend le terrorisme à l’échelle du globe, il parait nécessaire pour la Chine d’intensifier sa lutte contre les fléaux qui menacent son essor économique. Pou rappel, le président chinois Hu Jintao, lors de son intervention à la 12e conférence des dirigeants économiques du Forum de coopération Asie-Pacifique (APEC) déclarait que la lutte contre le terrorisme est devenu un problème mondial qui met à l’épreuve la sagesse, le courage et la volonté de l’Humanité. Il a en outre estimé, et cela à juste titre que dans le combat contre les menaces des groupes terroristes transnationaux, les actions individuelles des pays s’avèrent inefficaces et que la coopération internationale est nécessaire.
Cela met ainsi en exergue la volonté chinoise de ne laisser aucun répit aux groupes qui ont des velléitées séparatistes et se laissent tenter par les réseaux terroristes qui mettent ainsi à mal l’unité de la Chine dans son ensemble. Ben Laden, figure de proue du terrorisme international aura donc eu sur la Chine et sa politique tant intérieure qu’extérieure une influence sans précédant.
La Chine est dans une phase de développement qui n’est qu’à ses débuts, aussi elle ne saurait se laisser contraindre à une sécession qui ne serait qu’un désastre pour son rayonnement économique. Cependant, la disparition du chef d’Al Qaida accroit les risques d’une résurgence des attentats terroristes car les mouvements affiliés et les principaux adjoints du chef terroriste ont déjà menacé de venger sa mort. Dans ce contexte, il serait intéressant de voir les mesures que prendront les autorités centrales du Parti communiste chinois en faveur de la sécurisation du territoire et au dela, de se prémunir des risques d’ingérence aux fins destablisatrices des Etats unis.
Padoue F. EBOULA EYEBE
Etudiant en Master de Politique Internationale
Sécrétaire, Chargé des élections, de la Politique sociale, de la Communication
et la Propagande de la Fédération PDG en Chine.