Gabon Industriel:Enjeux Géostratégique du Pétrole par Pascal PEMENGOYE Gabon Industriel: Enjeux Géo-Stratégique du Pétrole par Pascal PEMENGOYE, Doctorant en Sciences Industrielles

Publié le par pdgchine.over-blog.org

Gabon Industriel:Enjeux Géostratégique du Pétrole par Pascal PEMENGOYE Gabon Industriel: Enjeux Géo-Stratégique du Pétrole par Pascal PEMENGOYE, Doctorant en Sciences Industrielles

 

Introduction

 

L’intéraction réciproque et dynamique du marché énergétique dans les relations entre l’accumulation de la richesse extractive et le développement économique de long-terme des Etats est, dans le jargon du Droit Pétrolier, le pillier d'une économie de transformation, de masse production, voire de consommation. D'où le jeu concurrentiel entre firmes multinationales et la confrontation interétatique, á l'image des aléas Chine-Etats-Unis, puisque la ''Poursuite de la Puissance'' étant le fondement des Intérêts Nationaux et ce, au prorata de l'usage démésuré des ressources des Pétro-Etats qui-- par manque de technologies, d'experts locaux, de représentation internationale, d'interconnectivité régionale et de politique conjoncturelle adaptée aux circonstances culturelles et environnementales--ont du mal á cultiver la dénommée ''libéralisation'' du marché énergétique.

 

 La course á l'or noir n'est donc qu'une constante évidente qui corrobore avec ''transnationalisation et dévelopement économique de long-terme'' surtout que, par ailleurs, elle peut favoriser la filière nucléaire. Aucun grand pays ne s'est industrialisé sans matières premières comme aucun grand pays ne s'est dévelopé sans une politique énergétique d'envergure.L'Afrique devrait donc revigorer ses efforts et essayer de sortir des sempiternels plans d'ajustements structurels C'est la raison pour laquelle, en ce qui nous concerne, j'applaudi le Gouvernement Gabonais d'avoir opté pour la montée du role de l'Etat dans la création d'une compagnie pétrolière nationale (gage de souveraineté); dans la mise en place des moyens d'actions de politique énergetiques des collectivités territoriales; dans l'essence du début de transfert de technologies et de transformation locale des ''ressources'' á travers le Gabon Industriel; dans la redéfinition des montages et évaluations des Contrats Pétroliers de Partage de Production; dans la lutte contre le réchauffement climatique via le Conseil Climat; dans la diversification des ressources et des partenaires énergétiques; dans la Gabonisation des Postes au sein du secteur Pétrolier et dans la formation de nos techniciens.

 

 Néanmoins, pour être globalement plus compétitif et vu la forte demande énergétique venant de Chine, la baisse de la production en Iraq, les tensions politiques au Moyen-Orient et au Nigéria, la désorganisation passagère au Vénézuela et la place géostratégique que revêt l'Afrique, que dirions-nous donc de la création d'une Organisation des Pays Exportateurs du Pétrole Exclusivement d'Afrique (OPEPEA), avec un système de cotation des différents bruts?

 

 Developpement

 

 Le Miracle Asiatique n'a été disponible que grace á la coopération entre Etats malgré les relans réalistes, mercantilistes et protectionnistes. La voix vers le développement durable exige aussi concession et partenariat régional d'abord. Les pays Membres de l'Association de l'Asie du Sud-Est, face á la forte instabilité des prix pétroliers ont compris l'importance que revet une structure régional de sécurité énergétique et ce, á travers des mesures régionales incitatives qui permettent d'élargir l'accès aux services énergétiques pour réduire la pauvreté. Elle garantissent aussi le troc d'énergie pour compléter les efforts déployés au niveau national.

 

Ce système a, du moins, permis aux pays les moins avancés d'Asie, dépendante des sources d'énergies traditionnelles telle que la biomasse, de disposer de ressources d'énergies renouvelables. C'est ainsi que malgré les prix élévés et instables du pétrole et de l'énergie, la région de l'Asie et du Pacifique parvient á atteindre une croissance économique dès plus remarquables, de l'ordre de 6% a 7%. Il va de soi que la consolidation de la sécurité régionale énergétique n'est pas la seule et unique responsable de cet épanouissement, mais elle en demeure, du moins, l'un des pilliers puisqu'ayant faciliter les problemes liés á l'offre et la demande d'énergie. Et il est d'autant vrai que cette infrastructure de sécurité énergétique en Asie n'est pas forcément le modèle Absolue pour une prospérité socio-économique, mais elle note les bénéfices d'une coopération énergétique entrepays puisque, grace á elle, on relève, un partage de l'expérience, de la technologie et des résultats de recherches.

 

Ceci pour dire que le Gabon, pays réaliste comme tout autre, bénéficierait de la mise en place d'une Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole Exclusivement d'Afrique (OPEPEA), organisation qui permettrait donc, au-delà du transfert de technologies, le partage de connaissance au commerce de l'énergie (Afrique du Sud, Lybie, Angola, Algérie, Guinée Equatoriale, Botswana, Gabon) et aussi la coordination des politiques énergétiques. Nous ne pourrons pas toujours tout attendre de l'occident. Les différences entrepays exportateurs et pays importateurs d'énergie en Afrique devraient pousser ne fusse qu'á une coopération énergétique pour répondre á la croissance et l'excédent de la demande d'énergie et ce, pour des raisons d'efficacité et d'économie conformément aux Objectifs du Millénaire pour le développement. Et parce que le commerce international du pétrole brut, ainsi que celui des produits pétroliers intermédiaires et celui des produits finis ne sont centralisés qu'á New-York et á London, il n'est que réaliste de mettre en place une infrastructure énergétique pour coter dorénavant le cours du brut africain sur une Bourse Pétrolière Africaine. Ce serait une première.

 

Il faut rappeler que le jeu international de la politique pétrolière n'a pas forcément favoriser la conceptualisation d'une idéologie d'interconnectivité transfontière sur le domaine de l'énergie parce que pouvant destabiliser considérablement l'actuel système de Gouvernance International, au profit des pays tiers, voire des Pétro-Etats. Imaginez que l'Amérique Latine, le Moyen-Orient, l'Asie et l'Afrique mettent en place un système de cotation du ''brut de participation'' et du ''brut de concession'', fixant ainsi le prix du baril du pétrole, il est certain que beaucoup de pays industrialisés ne s'en réjouiraient pas. Cela pourrait ramener les effets adverses de la Crise du Pétrole de 1973 et de 1978. C'est pourquoi les tensions et méfiances sous-régionales qui caractérisent des continents tel que l'Afrique font la belle part du Nouvel Ordre International. Et si donc l'Afrique--berceau de ressources naturelles-- était unie? Pour l'heure, je ne m'avancerai pas dans ce débat très complexe qui met aussi en éveil des considérations, monétaires et fiscales difficultueuses. Lors du Sommet Mondial pour le Dévelopememt Durable de 2002, le Sommet Mondial de 2005 et la Commission du Développement Durable á sa quatorzième session, on y reconnaissait le role oh combien apodictique de l'accès aux services énergétiques et de la coopération régionale.

 

Or l'accès aux services énergétiques telle que l'électricité et les combustibles gazeux, en Afrique, sont très limités; et la coopération régionale est quasi-inexistante alors qu'elle aurait pu trouver gain de cause aux nombreux problèmes énergétiques africains. En Asie, par exemple, grace á cette interconnectivité, on note des avancées dans le domaine de la microhydroélectricité, du biogaz, du biocombustible ou de l'énergie solaire et éolienne. Je pense donc, en effet, qu'á coté des politiques énergétiques nationales, on devrait essayer de promouvoir une coopération régionale en vue: -du développement et du commerce des matières premières -du développement des énergies renouvelables afin de satisfaire la demande excédentaire des zones rurales et faire en sorte que l'énergie renouvelable réduise la dépendance á l'énergie importée; -du développement des infrastructures de manière á permettre aux pays d'améliorer leur sécurité énergétique et l'extension de leur réseau électrique ou l'acheminement des combustibles. Ceci ne peut être possible que grace á l'appui d'une politique de haut niveau, renforcé d'une législation et des mécanismes institutionnels.

 

A la demande, la Chine ou l'Inde seraient disponible á partager leur expérience en la matière, dans le contexte de la coopération Sud-Sud. A l'ère de la globalisation, un cadre de coopération collectif pourrait compléter les efforts nationaux au bénéfice de tous. Tout comme Jean Monnet et Robert Schuman, pionniers de la Communauté Européenne en 1950, l'Afrique devra se doter d'hommes, panafricanistes, intègres et capables d'entreprendre une diplomatie qui pourrait consolider la naissance d'une OPEPEA. Tout accès á cette organisation pourrait être conditionné par des critères de convergences qui imposerait tout d'abord une certaine ''maturité démocratique á l'Africaine'', ''une stabilité politique'', ''un Produit Intérieur Brut satisfaisant'', ''une macroéconomie efficiente'', ''un cadre législatif fécond et adaptable'' et ''un code des hydrocarbures adapté á l'environnement économique''. Grace á cette coopération transfrontière, le Gabon, en tant que pays exportateur d'énergie, aura un marché plus étendue et dépendra moins des sources extérieures á la région. C'est également moins de contrainte en ajustement structurel. Donc, le Gabon pourrait mieux utiliser les recettes pétrolières, présente et futures pour accélérer le développement économique et social et promouvoir la durabilité environnementale.

 

Si le Gabon est le pays d'où émane l'idée d'une OPEPEA et que cette idée est finalement matérialisée, alors s'il tient bon, il y a de forte chance que le pays occupe un role prédominant dans le fonctionnement de la structure, ce qui n'est pas á négliger. En outre, les ressources Gabonaises sont, certes, tarissables mais elles sont aussi infinies et en surabondance au point de tenir pour les 300 années á venir, selon mes modestes prévisions en tant qu'apprentis-juriste pétrolier. J'abuse peut être, mais il n'y a qu'á prospecter et á exploiter. Le Gabon n'est-il pas le Géant d'Afrique Béni Originellement et Naturellement? Je tire cette expression du Facebook UJPDG Emergent. Je crois donc en la capacité du Gabon de se reproduire et de se regéner comme tout autre Pétro-Etat. Il n'y a qu'á observer les nouveaux gisements decouverts (á Okondja, Franceville-Mangoungou, Oyem, Mounana, Ndjolé, Bakudu-Bakumba, Bélinga, Lambaréné) après que certains pronostics eûrent dit que le pays était au bord du rouleau. Depuis la nuit des temps le monde s'est fait sous la base des matières premières, il serait donc bien difficile, malgré les prévisions en carence énergétique á l'aube de 2045 et la promotion des énergies renouvelables, que toute énergie fossile tarisse aussi simplement.

 

D'ailleurs, dans le monde des experts énergétiques, sur le sujet, deux camps s'élèvent, ceux qui soutiennent la carence proche des énergies fossiles et ceux qui défendent le contraire. Paradoxalement, les premiers ont un plus large écho, certainement á cause des médias et des suventions de certains particuliers, mais nous ne devrions pas non plus négliger l'apport intellectuel d'autres experts naturalistes qui disent autrement. Ceux-lá, comme moi, croient en la regénération de la nature. Ils concèdent la thèse de l'épuisement d'un gisement d'or noir mais pas de l'épuisement de l'or noir au sein de cette abondante nature. Soit. Tant s'en faut, une compagnie pétrolière est un outil nécessaire dans un Pétro-Etat. Les multinationales étrangères ne peuvent pas toujours tout prendre en leur compte bien que parfois nécessaire.

 

Une compagnie nationale pétrolière, quand elle est bien supervisée, conjugue avec les technologies nouvelles, les énergies renouvelables, l'expertise, la formation, la semi-nationalisation des postes, la compétitivité et donc, regroupe en son sein le concept de: Gabon Industriel, Gabon Vert et Gabon des Services. La production et la transformation sont cheres aux compagnies pétrolières. Quoi de plus beau! Et dans le cadre de l'OPEPEA, cette compagnie pétrolière pourrait apprendre de la compagnie nationale Angolaise de Pétrole (SONANGOL) qui exploite le brut en Iraq. Il est donc temps que nous aussi allions exploiter et prospecter chez les autres. SONANGOL est donc á féliciter. Dans ce sens, j'ose espérer que la future compagnie pétrolière Gabonaise fera des prospections au Vietnam, par exemple! Mais cela nécessite, outre des fonds financiers, une révision concertée du Code Minier Gabonais sous la base des réalités économiques actuelles. Quant á la Guinée-Equatoriale, nous devrions mutuellement nous regarder comme des partenaires. La place qu'elle occupe aujourd'hui peut etre alternée puisque le Gabon, autrefois, y était aussi. Elle a réussie á mettre en place une fiscalité pétrolière dont on peut en tirer des lecons, dans le cadre de l'OPEPEA si jamais elle exstait. La Guinée est aussi la seule dans la région á avoir réussi á placer ses recettes pétrolières dans les banques nationales et internationales, á des taux d'intérêts quasiment élévés. L'Etat Equato-Guinéen, en lui-meme, ne vit en partie donc que des Placements et le Principal demeure intact. L'humilité requiert aussi qu'on apprenne de ce cas de figure.

 

Le Gabon peut également se vanter d'être le moteur de l'intégration Africaine dans le cadre de l'Union Africaine et ce, graces aux efforts consentis par le Président Omar Bongo. Notre pays a été aussi un pillier dans la promotion du Nouveau Partenariat pour le Dévelopement en Afrique (NEPAD) qui reste un important levier de développement de l'Afrique et son intégration dans la dynamique de la mondialisation. A travers les retombées positives du Gabon-Vert et du Gabon-Industriel, notre système de gouvernance industrielle et environnementale fera école dans les administrations gouvernementales africaines. Et nous n'avons jamais failli á nos engagements énergétiques. Par conséquent, les autres pays ont également beaucoup á apprendre de nous.

 

Conclusion

 

Par ailleurs, il est vrai, en effet, que l'économie de rente devrait être substituée par une économie de transformation diversifiée d'où l'idée, c'est vrai, du Gabon-Industriel, du Gabon-Vert et du Gabon des Services. Le pétrole ne peut plus constituer la seule richesse de notre pays sur le Produit Intérieur Brut. D'ailleurs, á cet effet, une récente étude du Fonds Monétaire International démontre que nous atteindrons, en 2011, un taux de croissance de 5,4% sur le PIB du secteur hors pétrole. C'est encourageant, et nous devrions féliciter le Premier Emergent, Ali Bongo Ondimba. La voie vers le développement durable exige d'énormes réformes structurelles, dans l'échantillon fiscale et monétaire, dans le secteur bancaire (crédits et investissements), dans le secteur énergétique, dans la stabilité import-export, dans la diversification de l'economie dont l'agriculture et l'écotourisme, dans le changement de mentalité, dans le progrès culturel et autres. C'est ce á quoi s'atèlent les dépositaires Gabonais de l'autorité de l'Etat, sous le haut patronnage du Camarade Distingué.

 

 En conclusion, dans le cadre de l'OPEPEA, nous pourrions élaborer des partenariats stratégiques et la signature d'accords de coopération et de partage du savoir. Je reste conscient que cette structure ne pourra voir le jour ni aujourd'hui ni demain, ni dans 20 ans, mais je sais qu'elle finira par exister et que cette génération d'hommes que nous représentons en étalera les fondements. Pensons aux générations futures. A titre de réflexion, pourquoi l'Afrique ne fixerait-elle pas le prix de son baril?

 

Pemengoye Pascal, Doctorant en Gestion des Sciences Industrielles

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article